Accéder au contenu principal

Employeurs : faites le point sur vos déclarations à la CNIL et sur votre charte informatique


 Vous utilisez probablement dans votre entreprise des moyens informatiques pour gérer le personnel  ou vos locaux et équipements :
  • recrutement ;
  • suivi du temps de travail ;
  • gestion de carrières ;
  • dossiers de chaque salarié ;
  • gestion des œuvres sociales et culturelles ; 
  • relevés téléphoniques, autocommutateurs ; 
  • vidéosurveillance ;
  • géolocalisation ;
  • (...).

Avez-vous déclaré auprès de la CNIL ces fichiers, qui collectent et traitent des données à caractère personnel sur les salariés ?

A défaut, avez-vous désigné et déclaré un correspondant informatique et libertés (« CIL ») au sein de l’entreprise, ce qui exonère de déclaration la plupart des fichiers ?

Avez-vous mis en place une charte informatique qui fixe les règles d’utilisation des réseaux par les salariés ?

A défaut, avez-vous informé chaque salarié de l’éventuelle existence d’outils de contrôle et des modalités de contrôle de l’usage qu’ils font d’internet, de la messagerie, des dossiers enregistrés sur le serveur ?

Avez-vous fait le point sur tous ces éléments avec le comité d’entreprise ?

Il est important de faire le point sur les outils que vous utilisez, leurs conditions d’utilisation, l’éventuelle nécessité de déclaration à la CNIL.

Si vous négligez de le faire, vous pouvez être en difficulté par exemple pour sanctionner un salarié commettant des abus, ou être mis en difficulté par rapport à la collectivité des salariés qui découvriraient fortuitement l’existence d’un fichier contrôlant des données à caractère personnel.

Pour preuve, une affaire jugée en novembre 2016 par la 1ère chambre civile de la Cour de Cassation (ce n’est pas en matière sociale, mais cet arrêt illustre tout de même ce qui précède).

Une entreprise avait constaté la connexion, sur son réseau informatique interne, d’ordinateurs extérieurs au groupe, mais faisant usage de codes d’accès réservés aux administrateurs du site internet ; elle avait obtenu sur requête une ordonnance faisant injonction à divers fournisseurs d’accès à Internet de lui communiquer les identités des titulaires des adresses IP utilisées pour les connexions litigieuses, ce qui lui a permis de remonter jusqu'à un concurrent.

Ce dernier a alors demandé la rétractation de l’ordonnance du tribunal de commerce ayant autorisé la mesure d’instruction en soutenant qu’elle était illicite puisque l’adresse IP est une donnée à caractère personnel, et le fichier de conservation des adresses IP aurait dû être déclaré à la CNIL.

La cour d’appel avait jugé que l’adresse IP, constituée d’une série de chiffres, se rapporte à un ordinateur et non à l’utilisateur, et ne constitue donc pas une donnée même indirectement nominative et qu’en conséquence le fait de conserver les adresses IP des ordinateurs ayant été utilisés pour se connecter, sans autorisation, sur le réseau informatique de l’entreprise, ne constitue pas un traitement de données à caractère personnel.


La Cour de Cassation a cassé cette décision qui avait rejeté la demande de rétractation de l’ordonnance enjoignant aux fournisseurs d’accès de communiquer les coordonnées des personnes titulaires des adresses IP : elle a jugé que les adresses IP, qui permettent d’identifier indirectement une personne physique, sont des données à caractère personnel, de sorte que leur collecte constitue un traitement de données à caractère personnel et doit faire l’objet d’une déclaration préalable auprès de la CNIL.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

CONTRATS « RESPONSABLES » DES COMPLEMENTAIRES SANTE OBLIGATOIRES : PUBLICATION DU CAHIER DES CHARGES

A partir du 1 er janvier 2016, toutes les entreprises devront obligatoirement offrir à leurs salariés une couverture complémentaire santé (cela fait l’objet de négociations depuis juin 2013 au sein des branches et depuis le 1er juillet 2014 dans les entreprises qui ont un délégué syndical). L a loi de Sécurisation de l’Emploi de juin 2013 prévoit que si ces négociations n’ont pas abouti, les entreprises auront l’obligation de proposer à partir du 1 er janvier 2016 à leurs salariés une complémentaire santé financée a minima à hauteur de 50% par l’employeur et qui proposera : un remboursement minimal de 125% du tarif de la Sécurité sociale pour les prothèses dentaires ; un remboursement de 100 € par an pour l’optique. Certains de ces contrats collectifs, dits « contrats responsables », bénéficient d’aides fiscales et sociales (exonération de la taxe de 7% sur les conventions d’assurance, exonération partielle de charges sociales), à condition qu...

validité d'une rupture conventionnelle signé avec un salarié apte avec réserves

Le 28 mai 2014, la Chambre sociale de la Cour de Cassation a validé une rupture conventionnelle qui avait été signée avec une salariée victime d'un accident du travail et déclarée apte avec réserves par le médecin du travail. C'est une avancée significative en matière de rupture conventionnelle, alors qu'en juin 2013, la Chambre sociale avait déjà validé une rupture conventionnelle signée alors qu'un litige opposait l'employeur à son salarié. Mais attention : il n'est pas du tout certain que la Chambre sociale validerait la signature d'une rupture conventionnelle avec un salarié déclaré inapte.

Nouvelle modification des règles applicables aux stages

Le dernier décret d’application de la loi du 10 juillet 2014 sur l’encadrement des stages a été publié le 26 octobre 2015. C’est l’occasion de faire le point : 1. Désormais, le nombre de stagiaire est limité à 3 dans les entreprises de 20 salariés au plus ou à 15% du nombre de salariés pour les entreprises qui emploient plus de 20 salariés. 2. Un délai de carence d’un tiers de la durée du stage précédent pour un même poste doit être respecté avant l’accueil d’un nouveau stagiaire. 3. Le recours au stagiaire ne peut avoir pour objet d’effectuer une tâche régulière correspondant à un poste permanent, de faire face à un accroissement temporaire d’activité ou un emploi saisonnier, ou encore de remplacer un salarié absent (dans ces cas, il faut conclure un CDI ou un CDD ou un contrat saisonnier, selon les cas). 4. La signature d’une convention de stage est obligatoire et la «  charte des stages étudiants en entreprise  » doit figurer en ann...